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La réalisation du présent atlas s'est déroulée sur une période de quatre années, soit de 2003 à 2006. Elle s'est effectuée en plusieurs étapes :

Évaluation des enjeux

La première année du projet a servi principalement à identifier les partenaires, à définir nos objectifs, à circonscrire le territoire à l'étude, à cibler les problématiques de restauration et à évaluer les coûts de réalisation de l'atlas.

Recherche de sites

Durant les trois dernières années, les problématiques de restauration retenues lors de la première année ont été regroupées dans différentes thématiques. Pour chacune de ces thématiques, la consultation de documents existants et d'organismes a permis de mieux cibler les sites d'intervention possibles. La banque de données ainsi créée a été complétée par des visites de reconnaissance sur le terrain, effectuées le plus souvent en voiture, mais à l'occasion en bateau pour les milieux les moins accessibles. Ces visites de terrain ont permis non seulement d'identifier de nouveaux sites, mais ont aussi servi à mieux documenter ceux que l'on connaissait déjà. De façon générale, lors de la visite de terrain, les informations suivantes étaient colligées : la localisation géoréférencée du site, son accessibilité, les types d'habitats perturbés, les types de perturbations présentes, les superficies à restaurer (si possible), les techniques de restauration à privilégier et les gains environnementaux espérés. Des mesures topométriques se sont parfois avérées nécessaires pour mieux cibler l'endroit de l'intervention ou encore pour mieux évaluer les superficies à restaurer. À chaque site des photographies étaient prises. Les informations ainsi récoltées ont servi à préparer des schémas d'aménagement adaptés à chacun de nos projets. Plus précisément, la recherche de sites pour chacune des thématiques s'est effectuée de la façon suivante :

Augmentation de l'accessibilité des plaines inondables pour le poisson (mise en place de ponceaux, adoucissement des berges, enlèvement de sédiments dans des cours d'eau...)

Une photo-interprétation des habitats trouvés sur les îles du Saint-Laurent dans le tronçon Montréal–archipel du Lac Saint-Pierre à l'aide des photos aériennes noir et blanc à l'échelle de 1 : 15 000 a permis de dresser une première liste de sites où des structures modifient l'écoulement de l'eau et de ce fait sont susceptibles de nuire à l'ichtyofaune. Des visites sur le terrain ont permis par la suite de valider l'information, d'identifier la meilleure approche de restauration et d'évaluer les gains environnementaux espérés. L'identification de sites additionnels trouvés ailleurs que dans les milieux insulaires du Saint-Laurent dulcicole, a été rendue possible par la consultation de biologistes provinciaux et fédéraux présents dans différentes régions administratives.


Démantèlement de remblais

La banque de sites dotés de remblais a été dressée grâce à des recherches sur le terrain et à la consultation d'organismes ayant travaillé sur le Saint-Laurent et ayant identifié au fil des ans les endroits où des structures pouvaient être enlevées du milieu parce que devenues inutiles ou inutilisables. Ces remblais ont, après coup, fait l'objet de visites sur le terrain pour en décrire les principaux éléments et pour s'assurer que leur démolition n'aurait pas d'impact sur le milieu. Les gains environnementaux espérés du retrait d'un remblai d'une zone riveraine donnée ont été évalués succinctement sur le terrain, mais aussi après une revue de la documentation existante.


Stabilisation de rives en érosion

Les travaux réalisés par Les Consultants en environnement Argus inc. (1996a) ont permis d'évaluer l'ampleur et la distribution de l'érosion dans le tronçon Cornwall-Montmagny. Les travaux effectués par le Service canadien de la faune (Dauphin et Lehoux, 2004) ont servi de document référence pour localiser précisément les rives du tronçon lac Saint-Louis–lac Saint-Pierre d'intérêt biologique qui sont encore sévèrement érodées et pour identifier les habitats ainsi que les principales composantes biologiques menacées par cette érosion. Le document produit par Écogénie (2003a) a servi à identifier les meilleures mesures d'intervention pour stabiliser les rives érodées des sites retenus en faisant appel à des techniques fondées sur l'éco-ingénierie. Les sites en érosion dans le secteur estuarien ont été répertoriés à l'aide du document produit par Écogénie (2003b) et grâce à des consultations effectuées auprès de biologistes provinciaux. Des visites de terrain ont servi à bien circonscrire les sites, à définir la meilleure approche de stabilisation et à évaluer les impacts de cette érosion sur le milieu naturel (Écogénie, 2005).

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Récupération de marais à spartines endigués par des aboiteaux

Les marais endigués et non encore transformés en terres agricoles ont été répertoriés à l'aide du document produit par Les Consultants en environnement Argus inc. (1998). Une bande vidéo couvrant les rives de l'estuaire moyen et maritime, produite en 1998, a aussi été visionnée afin de tenter de localiser plus précisément les marais endigués. Les techniques de restauration possibles pour récupérer ces marais sont inspirées de celles proposées par Les Consultants en environnement Argus inc. (1998) et finalisées à l'aide des travaux réalisés sur le terrain par Canards Illimités. Les travaux de terrain ont permis de mieux localiser les interventions souhaitées. Une rencontre avec chacun des propriétaires des aboiteaux a finalement été effectuée afin d'évaluer leur intérêt pour une future restauration des marais endigués trouvés sur leur propriété.


Mise en place de seuils sur des canaux de drainage asséchant des marais à spartines

Les canaux de drainage qui trouvent leur origine dans les terres agricoles situées dans le haut du marais et qui assèchent les marais à spartines présents dans l'estuaire du Saint-Laurent, ont été localisés à l'aide du document produit par Les Consultants en environnement Argus inc. (1998). Une bande vidéo couvrant les rives de l'estuaire moyen et maritime, produite en 1998, a aussi été visionnée afin de déterminer plus précisément l'emplacement des canaux de même que les impacts possibles de leur présence. Les techniques de restauration susceptibles d'être utilisées pour en minimiser les effets, ont été trouvées dans le document produit par Les Consultants en environnement Argus inc. (1998). Les travaux de Canards Illimités Canada déjà réalisés dans les marais à spartines, ont aussi été mis à profit pour expliquer en détail la méthode de restauration. Des visites de terrain ont finalement permis de cibler plus précisément les interventions souhaitées, notamment l'emplacement des digues de retenue permettant de garder en eau les canaux de drainage même lors des marées basses. Une recherche de titres de propriété a finalement été effectuée.


Création d'ouvertures dans des marais émergents d'eau douce trop fermés

Dans le présent Atlas, la presque totalité des sites ayant une problématique de marais colonisé par une végétation émergente trop dense a été proposée par Canards Illimités Canada. Ces sites se trouvent en majeure partie dans la plaine inondable du lac Saint-François. L'approche de restauration privilégiée consiste à créer des ouvertures d'eau libre à travers l'immense couvert dense de végétation émergente, constituée principalement de quenouilles et de saules arbustifs. Ces ouvertures sont reliées au cours d'eau avoisinant de manière à permettre à l'ichtyofaune d'accéder à l'intérieur de l'aménagement. Au début des années 1980, la société de conservation, Canards Illimités Canada, a réalisé quelques aménagements de cette nature dans la région du lac Saint-François (A. Michaud, Canards Illimités Canada, comm. pers.).


Aménagement pour la sauvagine de plans d'eau artificiels existants

La recherche de plans d'eau artificiels mal aménagés s'est faite exclusivement en patrouillant le territoire en voiture. Nos efforts ont porté sur les milieux riverains attenants à la portion dulcicole et estuarienne du Saint-Laurent. Les aménagements à faire pour bonifier les étangs, notamment à l'aide de promontoires ou de petits îlots, sont inspirés des travaux réalisés à la Réserve nationale de faune du cap Tourmente (S. Turgeon, SCF, comm. pers.). Les gains environnementaux d'une restauration ont été déterminés à l'aide d'une revue succincte de la littérature.

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Plantation de zostère marine

Les travaux réalisés par Lemieux et Lalumière (1995) ont été consultés pour localiser certains sites d'implantation possibles de la zostère dans l'estuaire maritime. Le guide produit par Lalumière et Lemieux (1993) a servi à définir l'approche méthodologique à suivre pour créer de nouveaux bancs de zostères. Des visites de terrain ont permis d'évaluer le succès des transplantations déjà effectuées par le passé dans l'estuaire et d'identifier les paramètres clés qui garantissent les meilleures réussites (Lemieux, 2004). Des visites additionnelles ont de plus confirmé le potentiel d'implantation de la zostère à certains autres endroits cibles en s'assurant qu'ils possédaient les conditions hydrodynamiques et le substrat appropriés définis antérieurement pour l'établissement de l'espèce et de bien circonscrire les superficies ainsi que les bancs donneurs disponibles.


Plantation végétale en milieu terrestre (végétalisation de berges enrochées, végétalisation de milieux dunaires perturbés, plantation d'arbres et d'arbustes dans des espaces verts anthropiques, plantation d'arbres et d'arbustes en milieux agricoles)

Plusieurs activités anthropiques sont susceptibles de modifier la végétation terrestre. Dans le cadre de l'Atlas, nous avons toutefois accordé le plus d'importance aux quais, aux marinas, à certaines rives enrochées situées sur des lieux publics, aux parcs riverains ou aux haltes routières où la végétation arborescente et arbustive est pauvre, à certains champs agricoles, plus particulièrement ceux en milieu insulaire dans le tronçon Montréal–archipel du Lac Saint-Pierre ou encore en bordure du fleuve ou de l'estuaire, et finalement à certains milieux dunaires où la végétation terrestre a été dégradée ou détruite par des véhicules tout-terrain ou le piétinement répété des visiteurs. La recherche de sites a été effectuée la plupart du temps à l'aide de visites sur le terrain ou en consultant des organismes ayant une bonne connaissance d'un milieu donné et de la problématique qui s'y rapportait. Dans le cas des champs agricoles en milieu insulaire, nous avons consulté les photos aériennes noir et blanc à l'échelle de 1 : 15 000 du secteur, de même que la cartographie des milieux humides à l'échelle de 1 : 20 000 obtenue à l'aide des images aéroportées MEIS-II acquises en 2000 et produite par le Centre Saint-Laurent (G. Létourneau, CSL, don. inéd.). Des visites de validation sur le terrain et des rencontres avec les agriculteurs ont par la suite permis de confirmer leur intérêt dans l'implantation de haies brise-vent et de mieux définir les concepts d'aménagement propres à chacun des sites. Les concepts de repeuplement de tous les sites répertoriés, de même que les gains espérés de leur restauration, ont été déterminés par une consultation avec des experts dans le domaine et en s'inspirant de documents déjà existants (Marie-Victorin, 1964; Kress, 1985; Hightshoe, 1988; Paysage Nature, 1988; Les Consultants en environnement Argus inc., 1994; Choinière et Bélanger, 1996; St-Georges et Venne-Forcione, 1999; Robert, 2000; Attention FragÎles, 2004).


Contrôle d'espèces végétales envahissantes dans les milieux humides

La cartographie des milieux humides à l'échelle de 1 : 20 000 produite par le Centre Saint-Laurent (Létourneau et Jean, en prép.), obtenue à l'aide des images acquises en 2000 et 2002, a permis de localiser les principales colonies de plantes envahissantes (roseau commun, lythrum salicaire, phalaris roseau) dans le tronçon Cornwall–L'Isle-Verte. Un inventaire aérien de ces espèces envahissantes réalisé entre Montréal et la rivière Saint-François en 1997 par Gratton (1998) a aussi été consulté. Finalement, les techniques de contrôle retenues sont inspirées des travaux réalisés tant sur le Saint-Laurent qu'ailleurs dans le monde.


Évaluation des bénéfices escomptés de la restauration des sites

Des inventaires spécifiques d'oiseaux et de végétation ont été réalisés sur certains sites. À défaut d'effectuer systématiquement de tels inventaires sur place, une recherche bibliographique a permis de documenter la valeur de sites comparables à ceux que nous voulions restaurer, mais qui n'avaient toutefois pas fait l'objet de dégradations ou de perturbations. Ces informations ont permis d'évaluer les gains environnementaux pouvant être espérés d'une restauration, que ce soit pour la faune ailée ou la faune aquatique ou encore tout simplement pour la biodiversité. Ces recensements ont aussi permis de s'assurer que les sites à restaurer ne sont pas devenus au fil des ans, en dépit de leur dégradation, des habitats importants pour des espèces ayant un statut précaire et où il serait dès lors inopportun d'intervenir.

Compilation et analyse des données

Les données recueillies au cours des trois campagnes de terrain ainsi que les informations provenant de la documentation, de personnes et d'organismes ressources ont été finalement analysées et compilées. Les sites retenus ont été localisés sur une carte à l'aide du logiciel Google Earth. Des textes explicatifs de la problématique d'impact et des caractéristiques propres à chacun des sites étudiés, des schémas décrivant la restauration recommandée ainsi qu'une description des bénéfices environnementaux escomptés d'une restauration de l'endroit analysé, sont fournis. Afin de mieux orienter les organismes désireux d'effectuer un projet de restauration, nous avons aussi accordé une priorité aux sites à restaurer selon les gains environnementaux espérés pour chaque thématique donnée.

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