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Aquarium du Québec – SÉPAQ - À propos

Les débuts

De tout temps, les scientifiques gestionnaires des pêches collaborent avec les pêcheurs commerciaux pour des études sur l’écologie et la dynamique des communautés de poissons. Dans le fleuve Saint-Laurent, le docteur Vadim D. Vladykov, conscient du grand intérêt que pouvaient représenter les observations régulières faites à partir d’engins fixes le long du fleuve, avait établi entre 1944 et 1960 un suivi des captures journalières à une fascine commerciale, opérée par M. Arthur Matte et située à Neuville sur la rive nord du fleuve. Ces données ont été enregistrées et précieusement conservées dans les archives de l’Aquarium du Québec. Suite à l’ouverture de l’Aquarium du Québec en 1959, une pêcherie à fascine, appelée « pêcherie expérimentale de l’Aquarium du Québec », fut mise en opération en 1961. De 1961 à 1970, la pêche fut opérée de façon sporadique (Centre Saint-Laurent, 1996) et servait principalement à renouveler les spécimens indigènes de la collection de l’Aquarium. Ce n’est qu’à partir de 1971 que l’engin fut tendu au même site à Saint-Nicolas (Figure 1) à chaque année et qu’une série d’observations systématiques du printemps à l’automne a été instaurée et s’est poursuivie jusqu’en 2014 (Bernier et al., 1996).


Figure 1 : Localisation et photographie de la pêcherie expérimentale de l’Aquarium du Québec à Saint-Nicolas
Source : Yves de Lafontaine

Intérêt scientifique de la pêcherie

Lors du lancement du Plan d’action Saint-Laurent, une entente fédérale-provinciale signée en 1988, les données récoltées par la pêcherie expérimentale de l’Aquarium représentaient déjà la plus longue et la seule série chronologique de données sur les communautés de poissons du fleuve au Québec et dans l’est du Canada, à part des statistiques de pêche commerciale (Bernier et al., 1996). Elle fut ainsi proposée comme un site de référence dans le cadre du Réseau de suivi ichtyologique (RSI) quinquennal lancé en 1995 et opéré à l'époque par le ministère de l’Environnement et de la Faune (MEF) (aujourd’hui, ministère des Forêts de la Faune et des Parcs (MFFP)) ainsi que le Centre Saint-Laurent d’Environnement Canada (aujourd’hui, Environnement et Changement Climatique Canada).

En 1996, un premier bloc de données de captures journalières en format papier a été transféré de l’Aquarium du Québec au Centre Saint-Laurent d’Environnement Canada permettant la création d’une première base de données. Bonifiée par de nombreux développements, ajouts, mises à jour et validations, la base de données relationnelle, exploitable à l’aide de Microsoft Access, contient l’information sur les captures journalières de poissons entre le 15 mai et le 31 octobre de chaque année entre 1975 et 2014 (Lacroix et de Lafontaine, 2004).

En 2017, une entente de partenariat entre l’Aquarium du Québec et Pêches et Océans Canada a permis de compléter la validation de cette base de données et d'en générer des produits de données scientifiques diffusés sur le portail de l'Observatoire global du Saint-Laurent. Par la même occasion, une série de totaux de captures annuelles de 1971 à 1974 a été ajoutée pour la station de Saint-Nicolas, de même que deux séries uniques de captures quotidiennes à deux autres sites de pêche adjacents à celui de Saint-Nicolas : de 1944 à 1957 (Neuville) et 1962 (Saint-Romuald).

Projets (études) réalisés

Réelle sentinelle du fleuve Saint-Laurent, la pêcherie a permis d’identifier et de faire le suivi de plusieurs problématiques associées à l’écosystème fluvial au fil des années. Plusieurs publications scientifiques en témoignent :

  1. Inventaire des conditions pathologiques chez les poissons du Saint-Laurent (Lair et Martineau, 1997, Mikaelian et Martineau, 1997, Mikaelian et al., 1998, Uhland et al., 2000).
  2. Suivi de la contamination chimique du biote (de Lafontaine et al., 1999, Mikaelian et al., 2002).
  3. Effet des conditions hydrologiques sur la distribution et l’abondance des poissons du Saint-Laurent (de Lafontaine et al., 2002, de Lafontaine et Marchand, 2003, Marchand et de Lafontaine, 2004).
  4. Déclin des populations d’anguille (Cairns et al., 2008, de Lafontaine et al., 2010).
  5. Participation de 2009 à 2012 au Réseau d’inventaire des poissons de l’estuaire (RIPE) (Bourget et al., 2011).
  6. Suivi du programme de réintroduction du bar rayé (Morone saxatilis) (Pelletier et al., 2011).
  7. Détection d’espèces exotiques envahissantes ;
    • Crabe chinois à mitaines (Eriocheir sinensis) (de Lafontaine, 2005; Ikeda et al., 2009),
    • Tanche (Tinca tinca) (Masson et al., 2013),
    • Gobie à tâches noires (Neogobius melanostomus) (Brodeur et al., 2011).

Partenaires et collaborateurs

L’Aquarium du Québec tient à remercier ses nombreux partenaires et collaborateurs qui lui ont permis de maintenir ses opérations au fil des années ;

  • Le Centre Saint-Laurent du ministère d’Environnement Canada (aujourd’hui Environnement et Changement Climatique Canada) qui a contribué au soutien de l’opération de la pêcherie expérimentale entre 1994 et 2014 et à la compilation, l’organisation et la validation des données de captures et à la création de la structure de la base de données.
  • L’équipe scientifique de la Direction régionale des Sciences de l’Institut Maurice-Lamontagne de Pêches et Océans Canada qui a contribué et à la restructuration et la mise à niveau de la base de données sur les captures de poissons de la pêcherie expérimentale.
  • Les pêcheurs responsables de l’opération de la fascine depuis sa mise en opération, soit messieurs feu Fernand Gingras de 1971 à 1988 et de 1992 à 1995, Bernard Côté de 1989 à 1991 et de 1996 à 2014. Leur dévouement à l’acquisition de données fiables a été un élément clé à la production de la base de données.